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 JETHRO TULL sort son 5ème album, Thick As A Brick, en avril 1972. Il est considéré aujourd'hui comme un de ses meilleurs, voir le meilleur, en tout cas comme une référence pour le rock progressif de haute qualité, au même titre que Foxtrot de GENESIS ou Close The Edge de YES parus la même année.

Thick As A Brick est le premier album véritablement progressif de Jethro Tull et le moins folk. Il remporte un succès auprès du public : classé premier durant 2 semaines aux charts américains et cinquième aux charts britanniques (classements musicaux).

 

This-is-a-Brick.jpgfleche 552L'album-concept

Contrairement au précédent album, Aqualung, taxé a tort par les critiques d'album concept, le leader du groupe Ian Anderson revendique ce qualificatif pour Thick As A Brick. Mais il ne se prend pas vraiment au sérieux et cultive l'ambiguïté avec pas mal d'humour anglais parsemant le texte de l'album. Thick as a brick, signifie « bête comme ses pieds ».

La pochette de l’album est conçue comme un journal de douze pages, « The St-Cleve Chronicle », qui rend compte des protestations des « honnêtes gens » scandalisés par la remise du premier prix lors d'un concours littéraire à Gerald Bostock, un enfant talentueux de huit ans, grâce à son poème dénommé « Thick as a brick ». Ce dernier est une critique acerbe de la société anglaise, de son école et de sa morale. Suite aux propos indignés de ces « honnêtes personnes », Gerald est disqualifié au profit de Mary Whiteyard, 12 ans, pour son texte basé sur la morale chrétienne « He Died to Save the Little Children», traduisons : Il est mort pour sauver les petits enfants.

A travers ce fait divers relaté dans ce journal fictif, Ian Anderson dénonce le système scolaire anglais qui détruit tout talent individuel pour mouler les consciences des enfants dans la tradition de la morale chrétienne éculée.

 

taabfull2.jpgDans le même journal fictif, l'auto-dérision et l'humour de Ian Anderson apparaissent dans un article, critique du dernier album de Jethro Tull :« On peut parfois douter de la pertinence d’un thème qui se développe tout au long des deux faces d’un disque, mais le résultat est au pire amusant et du moins esthétiquement agréable. Un goût douteux voire naïf nous vaut quelques affreuses cassures de rythme et des passages instrumentaux d’une grande banalité en guise de transition entre les différents thèmes. Mais le savoir-faire à ce niveau devrait venir en même temps que la maturité. Pris dans son ensemble, cela reste un disque intéressant et un bon exemple des tentatives actuelles de la scène pop pour se détacher de ses aspects vulgaires.» …

 

fleche 552Les performances musicales de l'album

L'album comprend deux très longs titres « Part 1 » et « Part 2 » sur chaque face du disque vinyle, qui ne sont pas ininterrompus. En effet on peut reconnaître dans Part 1 cinq morceaux et dans Part 2 au moins quatre : chaque partie développe un thème et met en valeur un ou deux instruments. La musique dans son semble est beaucoup plus progressive mais il demeure toujours des références folks. L'album fait penser à une oeuvre symphonique avec des mouvements lents (balades) et d'autres plus vifs, voir violents et quelques transitions teintées de hard rock.

 

Face A : ma décomposition

De 0 a 3mn, ballade folk avec la voix originale – nasillarde - de Ian Anderson – domination de la flute et de la guitare acoustique.

De 3 à 5mn : morceau plus énergique en majeure partie instrumental - guitare électrique et orgue hammond avec interventions musclées de basse et de batterie.

De 5 à 11mn 20 : morceau plus calme et surtout instrumental – chant en début et fin – retour de la flûte en harmonie avec rupture en plein milieu de quelques riffs de guitare électrique (8 ème mn).

De 11mn 20 à 16mn 25 : morceau plus rapide avec combinaison de l'orgue, de la flûte, de la guitare électrique et du chant.

De 16mn 25 à fin : retour de ballade folk - flûte et guitare acoustique – et rupture en fin avec quelques riffs de guitare électrique et de l'orgue hammond.

On peut faire le même travail de décomposition pour la face B avec les mêmes caractéristiques d'alternances – et une présence marquée du violon.


Conclusion, un album de grande qualité dans lequel le rock progressif est à l'honneur avec interventions appuyées du claviériste (orgue hammond) John Evan et énergiques du guitariste Martin Barre ainsi que du nouveau batteur Barriemore Barlow.

Cet album est tellement important dans la carrière du groupe qu'une édition spéciale est sortie en 1998 pour son 25 ème anniversaire avec un bonus : un live au Madison Square Garden et un entretien avec les musiciens.
Enfin en avril 2012 est sortie une suite de l'album célébrissime :
Thick as a brick 2

 

Rock-Prog



fleche 552Musiciens


Ian Anderson : chant, flûte, guitare acoustique, violon, saxophone, mandoline, trompette

Martin Barre : guitare électrique

Barriemore Barlow : batterie, percussions, timbales

John Evan : piano, orgue Hammond

Jeffrey Hammond-Hammond : basse


Titres

Ecriture et composition de Ian Anderson.

Face A:

Thick as a Brick, Part I – 22:45

Face B:

Thick as a Brick, Part II – 21:05

 

J'ai choisi Thick as a Brick, Part I

 

Tag(s) : #L'apogée

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