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Le troisième album studio de MAGMA, intitulé Mekanïk Destruktïw Kommandöh (MDK) , sorti en 1973, fait partie de la trilogie Theusz Hamtaahk, dont il est le troisième mouvement (les deux autres mouvements seront développés et enregistrés ultérieurement). Le disque a été enregistré au Manor Studio, en Angleterre, sous la direction de Simon Heyworth.

 

Logo-Magma.jpg Les précédents de l'album

La structure première de Mekanïk Destruktïw Kommandöh (MDK) a été composée bien avant son enregistrement studio. Il a été joué pour la première fois dans un concert en 1971, au Théâtre 140 de Bruxelles, avec un titre différent, Mekanïk Kommandöh. Cette pièce de 17mn a été enregistrée en 1972 et se trouve sur un CD publié par MAGMA en 1998, dans un ensemble de morceaux du groupe, intitulé Simples. L'album de 1973 est donc assez différent dans sa structure, sa forme et sa longueur (pièce de 39mn en 7 actes).

 

Logo-Magma.jpg Une nouvelle formation

Le dernier album de MAGMA, 1001 degrés centigrades, date de 1971. En 1972, après la sortie d'un album « mort-né », The Unnamables, qui se voulait accessible au grand public et qui n'apporte rien de nouveau, le groupe est en crise grave d'identité et éclate avec le départ de nombreux musiciens.

C'est donc une nouvelle formation qui se constitue en fin 1972/début 1973 autour de Christian Vander et Basquiz, avec Stella Vander au chant, Jean-Luc Manderlier aux claviers, René Garber (dont c'est le retour) au chant et à la clarinette et Jannick Top à la basse. Ce dernier de formation classique (conservatoire) et jazz est un bassiste talentueux.

Le groupe MAGMA s'étoffe également en choristes dont la place devient prédominante au détriment des cuivres. Christian Vander, qui a composé entièrement l'album MDK, en est le leader incontesté.

 

Mekanik-Destruktiw-Kommandoh---cover.JPGLogo-Magma.jpg Un album concept

Comme les précédents albums,  MDK est chanté dans une langue inventée, le  kobaïen. Pour construire cette langue Christian Vander s'est inspiré de l'espéranto et du volapük, langues créées à vocation universelle.

Le chant relate les menaces qui pèsent sur l'humanité et la planète Terre (guerres, chaos, destruction écologique). Dans   1001° Centigrades, c'est le peuple kobaïen qui vient sur la Terre pour la sauver. Alors que dans MDK, il est trop tard, l'apocalypse est imminente. Le prophète kobaïen lance un avertissement aux hommes : le salut de humanité ne viendra que par la sagesse dont seule une petite minorité est digne. Les Kobaïens iront la chercher avec une gigantesque soucoupe et la ramèneront sur la planète Kobaïa...

"Terrien, si je t'ai convoqué c'est parce que tu le mérites, ma divine, et ô combien cérébrale conscience m'oblige à le faire. Tes actes perfides et grossiers m'ont fortement déplu, les sanctions qui te seront infligées dépasseront les limites de l'entendement humain et inhumain, car tu as, dans ton incommensurable orgueil, et ton insondable ignorance, impunément osé me défier, me provoquer et déclencher dans toute son immensité, ma colère effroyablement destructrice entraînant inexorablement ton châtiment race maudite !" (extrait du texte situé à l'intérieur de la pochette)

 

Logo-Magma.jpg La musique

C'est une composition très originale, avec une grande puissance rythmique, qui transpose musicalement une atmosphère angoissante, oppressante et la violence de la tragédie humaine : cuivres, basse, batterie et percussions sont à l'honneur pour une musique agressive et martiale. Les chants et choeurs féminins, qui prennent une place majeure dans MDK, s'harmonisent parfaitement avec les instruments de l'orchestre : ils constituent eux mêmes des instruments vocaux. A noter, quelques incursions de guitare électrique dans plusieurs titres : à la fin du 1er acte, du 3ème et du 4ème. Excellent riff de guitare à 2mn35 de l'acte majeur 6 ( Mekanïk Kommandöh). Le piano est assez présent en fond musical dans le 2ème acte, Da Ïma Süri Dondaï, ainsi que la flûte. Piano également en fond dans le 4ème acte.

Tout au long des sept actes qui se succèdent, sans pause, dans cet opéra musical, la tension ne cesse de monter crescendo jusqu'à son paroxysme dans Mekanïk Kommandöh – avant dernier mouvement. Profonde accélération du rythme aux effets réussis.

Le dernier mouvement, Kreühn Köhrmann Iss De Hündïn, traduit une profonde détente, l'apaisement finale après le déchaînement.

Les thèmes mélodiques sont répétitifs, et c'est à dessein, mais parfois avec une variation tonale (hausse d'un ton ou demi-ton). Un thème omniprésent traverse les actes 2 à 6.

Pour apprécier cette musique à sa juste valeur il faut prendre le temps d'une, voire plusieurs réécoutes. La musique Zeuhl de Christian Vander est particulièrement progressive (fusions, transitions rythmiques,..) dans les actes 1, 5, 6 et 7 de cet opéra où musiques classique et/ou moderne fusionnent avec jazz et rock.

 Mekanik-Destruktiw-Kommandoh---cover--e.jpg

Logo-Magma.jpg Destinée de l'album

MDK est l'oeuvre la plus connue de MAGMA et celle qui a donné au groupe une reconnaissance mondiale avec la tournée américaine (dont le célèbre festival de Newport) puis anglaise et européenne. Le public des concerts accueille très favorablement sa musique.

MDK est joué dans presque tous les concerts du groupe entre 1973 et 1980. C'est l'album le plus réédité. En 2010, le magazine Rolling Stone classe MDK, 33ème « meilleur album de rock français ».

La renommée de cet album va malheureusement occulter les autres opus de MAGMA dont, entre autres, l'album Köhntarkösz (1974) qui connaîtra un succès moindre.

L'histoire de MAGMA c'est aussi celle de musiciens doués qui ont joué dans le groupe comme Didier Lockwood (au violon), Bernard Paganotti (à la basse), Francis Moze (aux claviers), Jannick Top (basse et violoncelle), Klaus Blasquiz (chant)...

Voir le site de MAGMA : http://www.magmamusic.org/

Jaime Prog

 

Logo-Magma.jpg Musiciens :

Christian Vander : batterie, chant, orgue, percussions

Jannick Top : basse 

Klaus Blasquiz : chant, percussions

Jean Luc Manderlier : piano, orgue

Rene Garber : clarinette basse, chant

Claude Olmos : guitare

Teddy Lasry : basse, flûte

 

Choristes :

Stella Vander

Muriel Streisfield

Evelyne Razymovski

Michèle Saulnier

Doris Reinhardt

 

Techniciens :

Eddie Sprigg : ingénieur

Gilbert : ingénieur

Gilles Salle : ingénieur

Giorgio Gomelsky : ingénieur et producteur

Loulou Sarkissian : stage manager

Simon Heyworth : ingénieur

Steve Michell : ingénieur

Tom Rabstener : ingénieur

 

Logo-Magma.jpg Titres

face 1

1- Hortz Fur Dëhn Stekëhn West (9:35)
2- Ïma Süri Dondaï (4:28)
3- Kobaïa Iss De Hündïn (3:35)

face 2
4- Da Zeuhl Wortz Mekanïk (7:48)
5- Nebëhr Güdahtt (6:00)
6- Mekanïk Kommandöh (4:08)
7- Kreühn Köhrmann Iss De Hündïn (3:15)

 

J'ai choisi :

Hortz Fur Dëhn Stekëhn West

Da Zeuhl Wortz Mekanïk

Nebëhr Güdahtt

Mekanïk Kommandöh

Kreühn Köhrmann Iss De Hündïn

Tag(s) : #La montée

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