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Le contexte

En 1968, en Allemagne de l’Ouest et à Berlin-Ouest, un rock engagé naît dans le contexte de la révolte étudiante avec une tendance libertaire marquée. Un mouvement underground se développe avec des idées d’avant-garde en matière culturelle, artistique, musicale. Les groupes Amon Düül, Amon Düül II, Floh de Cologne (très antifasciste), ainsi que TANGERINE DREAM, ASH RA TEMPEL, FAUST, CAN,...

A partir du rock psychédélique et des influences de la musique contemporaine (en particulier celle du compositeur allemand Karlheinz Stockausen – musique aléatoire), ils élaborent un space rock avec des atmosphères hallucinatoires, hypnotiques et répétitives (influences de Steve Reich et Phil Glass). Ces groupes, expérimentateurs de musique électronique, constitueront le courant du Kraut Rock.


Petit historique de CAN

En 1963, Holger Czukay et Irmin Schmidt font des études de musique classique et contemporaine à Cologne et sont élèves de Karlheinz Stockausen. Michael Karoli étudie la guitare électrique et le batteur Jaki Liebezeit exerce ses talents en free jazz. David Jonston étudie aussi la musique classique. Ils s'intéressent également aux artistes expérimentaux américains comme le groupe The Velvet Underground et Frank Zappa.

Ces cinq jeunes musiciens vont fonder le groupe CAN en 1968, dans l'effervescence de la révolte étudiante. Leur musique veut s'inspirer des rythmes primitifs, du jazz, du rock, de la musique contemporaine et de la musique tzigane tout en favorisant l'improvisation. Ils vont créer leur propre studio d'enregistrement au château Nörvenich, le Inner Space, pour conserver leur indépendance et liberté d'artiste. Holger Czukay, le bassiste , joue un rôle central en composant souvent la musique et en retravaillant les enregistrements du groupe.


logo CAN L’album Future Dayscover---CAN--Future-days.JPG

C'est le cinquième album studio de CAN (enregistrement en collectif en août 1973). Le chanteur japonais Damo Suzuki y apparaîtra pour la dernière fois : sa prestation y est plus discrète, le chant ne structurant plus la musique dans cet album constitué de longs titres surtout instrumentaux accompagnés par le chant en second plan. C'est la rythmique complexe des percussions de l'excellent batteur Jaki Liebezeit qui devient la colonne vertébrale de la composition musicale, sur laquelle peuvent intervenir et improviser les autres musiciens.

Ici la musique « planante » et « vaporeuse », produit une atmosphère apaisante et sensuelle – une musique aussi répétitive. Soulignons la beauté des thèmes mélodiques dans les quatre titres.

Album très différent de l’excellent Tago Mago (1971), célébré par la critique et les fans, plus rythmé avec un chant qui domine : Tago Mago était un album plus rock - avec riffs de guitare électrique assez présents - et en même temps très expérimental.

Future Days : long titre éponyme de près de 10mn, à la musique vaporeuse  avec bruitages et effets sonores divers dont vagues et écoulements d'eau...Beaux effets cristallins à la guitare électrique. Fin en fade out (effet de fondu).

Spray : titre essentiellement instrumental. Sur la trame rythmique et sur les effets électroniques de bulles d'eau, le morceau intègre un thème très rockabilly à la cinquantième seconde...Rythmique très envoûtante et ensorcelante. Quelques paroles chantées en fin.

Moonshake est le seul court titre (3mn) qui rappelle la musique de l'album Tago Mago.

Bel Air : grande pièce de plus de 20mn, séparée en trois parties : 

la première jusqu'à 4mn30 - assez calme, éthérée ; la deuxième jusqu'à 9mn10 – au rythme plus rapide et la troisième (longue de plus de 10mn) avec au début des  bruits de la nature - chants d'oiseau - animaux - eau. Puis retour au thème mélodique du début – avec un rythme apaisant. Essentiellement instrumentale, cette dernière partie est très expérimentale avec beaucoup de variations dissonantes. Accélération du tempo à partir de 15mn. Final avec désorganisation mélodique, progression vers un silence spatial puis reprise du thème mélodique et fade out.

 

La pochette

Elle n'est pas très jolie, c'est le moins que l'on puisse dire malgré l'encadrement du texte avec des sinuosités inspirées de l'Art nouveau. Un signe apparaît au centre, la lettre grecque psi : symbole de psychologie pour un album qui nous transpose dans une expérience parapsychologique ?


logo CAN Influence de CAN

L'album Future Days restera l'un des meilleurs de CAN : un album très expérimental et très beau musicalement. Une version remastérisée est sortie en 2005.

Le dernier grand album du groupe, Soon Over Babaluma, sortira en août 1974. On en reparlera...

CAN laissera derrière lui un grand héritage musical dont de nombreux groupes et artistes se revendiqueront : BRIAN ENO et sa musique ambient, les SEX PISTOLS, SONIC YOUTH, WESTBAM, THE ORB, le rock alternatif,...

Site : https://www.facebook.com/pages/Can-band/106717659367626


Jaime prog


logo CAN Musiciens

Holger Czukay : basse, contrebasse

Michael Karoli : guitare, violon

Jaki Liebezeit : batterie, percussions

Irmin Schmidt : claviers, synthétiseurs

Damo Suzuki : chant, percussion

 

Liste des titres

Tous les titres sont écrits et composés par le groupe CAN.

Face 1 :

1- Future Days - 9:30

2- Spray - 8:29

3- Moonshake – 3:04

 

Face 2

4 - Bel Air – 20:00

 

J'ai choisi :

Spray

et

Bel Air

Tag(s) : #L'apogée

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