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  Le groupe SUPERTRAMP

Le groupe est créé en 1969 après l'audition de Roger Hodgson  (chanteur et claviériste) et Rick Davies (guitariste et chanteur) qui deviendront les piliers de la formation et les compositeurs de l'essentiel des titres. La dénomination du groupe est due à Richard Palmer (membre du groupe à ses débuts) qui reprenait deux mots du titre d'un livre du poète gallois Henry Davies, The autobiography of a super tramp (Autobiographie d'un super-clochard).

Le premier album Supertramp, en 1970, est un échec. Millar et Palmer sont remplacés par Frank Farrell à la basse et Kevin Currie  aux percussions. Cependant l'insuccès du deuxième album  Indelibly Stamped en 1971  et l'accumulation de dettes (le mécène millionnaire hollandais laisse tomber le groupe) conduisent SUERTRAMP à sa dissolution en 1972. 

Un nouveau SUPERTRAMP naît en 1973 avec le bassiste, Dougie Thomson, le batteur, Bob Siebenberg et un saxophoniste et clarinetiste, John Helliwell, associés aux deux fondateurs multi-instrumentistes Rick Davies (clavier, piano, harmonica et chant) et Roger Hodgson (guitare électrique, piano, chant et violoncelle).

 

 L'album Crime of the Century

C'est cette nouvelle formation sort en septembre 1974 son premier album intitulé Crime of the Century, qui est aussi le troisième album du groupe. Il a été enregistré aux studios Trident à Londres.

Rick Davies et Roger Hodgson ont écrit toutes les chansons : les textes reflètent un climat sombre porté par cet album-concept sur les thèmes de la dépression, de la folie et de l'aliénation par le conditionnement et la norme - comme l'école. A travers l'écoute des titres des questions sont posées : où se situe la limite entre lucidité/raison et aliénation/folie et qui décide de cette limite, moi ou les institutions. Quel est mon libre arbitre?

Une musique parfois tourmentée accompagne cette atmosphère désespérée : ruptures de rythmes et variations mélodiques se prêtent bien à la transcription musicale du tragique, c'est bien une des contributions du rock progressif.

Crime of the Century sera bien apprécié à la fois par la critique et le public : il apporte enfin le succès tant attendu par SUPERTRAMP qui accède ainsi à une certaine reconnaissance internationale. C'est un album fondateur du son et du style musical de SUPERTRAMP, bien identifiable dans ses albums ultérieurs (voir le § La musique de l'album). Ce succès cimentera la cohésion du groupe.

La sortie de l'album sera suivie d'une grande tournée de concerts avec une belle mise en scène en Grande Bretagne et aux USA.

 

Une pochette remarquable

Couverture très réussie pour représenter aliénation et folie: quoi de plus angoissant que deux mains qui s'accrochent désespérément  aux barreaux d'une fenêtre de prison perdue dans l'espace intergalactique...Dans les concerts qui ont suivi la sortie de l'album, l'image de la couverture est projetée sur un immense écran quand le groupe joue le titre Crime of the Century.

 

 La musique de l'album

SUPERTRAMP va trouver son créneau et sa place dans la déjà vaste famille du rock progressif : plutôt que de choisir la complexité musicale et la longueur des titres le groupe optera pour des titres relativement courts (entre 3mn30 et 7mn), dans une structure progressive simple avec de belles mélodies. Ce choix s'avérera judicieux car une partie des fans n'adhère plus aux structures symphoniques très expérimentale mais inaccessibles et parfois perçues comme prétentieuses.

Les deux  chefs d'orchestre du groupe, Rick Davies et Roger Hodgson, ont choisi de ne privilégier aucun instrument ; c'est ce qui explique la place assez réduite laissée à la guitare électrique. Il faut reconnaître cependant que les claviers sont assez présents et en particulier le piano. A noter la partition du saxophone qui participe à l'ambiance mélancolique de l'album

Il n'y a aucun instrumental dans l'album même si certains titres ont plus de solos instrumentaux que d'autres (Rudy et le titre éponyme del’album). La place du chant (voix et choeurs) est très importante ; il joue le rôle d'un instrument de musique à part entière pour exprimer tristesse, amertume, ironie, colère ou joie. Ainsi la voix alto de Roger Hogson et celle plus grave de Rick Davies sont une particularité de l'album ; elles deviendront une caractéristique du groupe.

 

 Notes sur les titres

Face A

School : le premier titre  est une critique de l'institution scolaire : les paroles font penser à la chanson Fais pas ci, Fais pas ça de Jacques Dutronc (1968). Elle débute par un solo d'harmonica très langoureux. On ne peut s'empêcher de penser à la musique d'Ennio Morricone dans un certain western pour évoquer la solitude et l'angoisse.  Après un fond de voix et de cris d'enfants dans la cour, le chant commence d'abord lentement et s'arrête brutalement pour laisser la place à un beau solo de guitares ( à partir de 2mn 20) et de piano montant crescendo jusqu'à 4mn 15 au rythme d'une chevauchée effrénée. Les voix reprennent ensuite leur partition sur fond de piano. Très beau.

 

Bloody Well Right :  Ce titre poursuit la critique de l'école.

Le morceau commence par une intro très jazzy de piano puis de guitare électrique avec beaux effets de pédale wah wah . La chant commence ensuite (à 1mn37) sur un rythme plus rock, très balançant (piano)  – un peu dans le genre des Beatles, avec voix doublée – beau solo de guitare électrique  à 2mn33 – et solo remarquable de saxo en fin.

Le morceau est donc plutôt gai, enjoué et pourtant les paroles très amères portent sur l'illusion de l'ascension sociale par l'école et le rôle déterminant de la fortune dans la réussite.

 

Hide in Your Shell : ce titre, un des plus longs de l'album (près de 7mn), porte sur les thèmes de la solitude, de la dépression et ...de l'amour comme réponse possible. Les tonalité de la voix du chanteur exprime bien le désespoir ; la musique monte crescendo avec piano, saxophone et percussions très réussies contribuant au climat de tristesse profonde. Ce titre est plus classique dans la forme : pas de partie instrumentale et présence du couplet/refrain répété indéfiniment.

 

Asylum : un deuxième titre assez long (6mn 30) sur le thème du repli sur soi, du délire et de la folie. Il commence par un chant plaintif (Rick Davies) accompagné au piano sur un rythme lent (ballade)

puis monte crescendo à partir de 2mn – rappelant un peu Otis Redding - autre montée crescendo à partir de 4mn – avec choeurs et violon se rajoutant au piano omniprésent ; très belle mélodie aussi poignante que les paroles. A partir de 5mn30), partie finale sublime évoquant la torture psychique avec cris de folie mêlés aux déchirements de guitare électrique – fin reprenant le thème au piano du début.

 

Face B

Dreamer : cette courte chanson de 3mn se prêtait totalement au format radio. Portant sur le thème de la rêverie (et l'enfance) ce titre léger mais entraînant, rythmé et dynamique est devenu un tube planétaire qui a élargit l'audience du groupe et lui a aussi collé l'étiquette peu valorisante de Rock-FM... Le piano (et les claviers en général) est ici encore à l'honneur avec la voix très aiguë du claviériste: le refrain  repris en choeur est touchant. Le rythme s'accélère progressivement jusqu'au final : le chant s'arrête soudain pour laisser place aux carillons enfantins. La mélodie est très simple mais quelques notes bien placées suffisent parfois pour marquer de son emprunte l'histoire du rock.

 

Rudy : ce titre, essentiellement instrumental est le plus long de l'album (7mn20). C'est un morceau très progressif avec alternance de mouvements lents et rapides, variation de thèmes mélodiques. Il porte sur l'errance (de gare en gare), la solitude, le repli sur soi de Rudy: donc atmosphère triste et sombre. L'introduction commence doucement (ballade) jusqu'à 1mn30, puis le rythme s'accélère et la voix est plus forte – rock avec guitare électrique et piano énergique – retour sur un intermède calme à 2mn10 (piano et saxo langoureux) avant reprise musicale plus rock à 2mn40 (guitare électrique). De nouveau retour à un mouvement calme au piano – on entend une voix dans un haut parleur de gare puis montée crescendo avec appels de voix auxquels répondent des hurlements de guitare électrique. A 6mn 15 décélération brutale : on entend des gens dans la rue et chant très doux accompagné de violons (effet de clavier-synthé), c'est la fin. Déroulement comme un film...

 

If Everyone Was Listening : c'est un titre court de 4mn en forme de ballade mélancolique avec un joli solo de clarinettes au milieu de la chanson puis accompagnement de la voix aux violons (synthé) et piano. Fin en fade out.  Un morceau qui fait penser aux Beatles fin des sixties.

Crime Of The Century :

morceau de rock symphonique et progressif essentiellement instrumental, les paroles s'arrêtent à 1mn20. La longue partie instrumentale de 4mn commence alors: après une séquence de riffs de guitare électrique superbe avec écho (de 1mn25 à 2mn5) le piano répète inlassablement le même thème musical avec montée crescendo, accompagné par les violons et saxophones très langoureux – fortes percussions en appui. Intensité maximale à 5mn et final en fade out – on entend faiblement l'harmonica du tout début de l'album.

Un titre poignant et majestueux qui sera joué souvent en fin de concert tout au long de la carrière du groupe.

Quel crime du siècle  préparent « ces hommes de  de convoitise, d'avarice, et de gloire », ceux qui « violent l'univers ». Il faut se reporter aux paroles un peu énigmatiques du titre et à celles des autres chansons de l'album. Est ce que ce sont les mêmes qui conditionnent les jeunes dans l'institution scolaire, qui imposent leurs normes et leurs valeurs. Mais qui doit décider, moi ou eux ?...

 

 Bilan de l'album

L'album obtient le disque d'or en 1975 et parvient à la première place en Grande Bretagne. Le single Dreamer arrive au Top 10 et devient un tube. Les ventes sont très bonnes.

Tout au long de la carrière du groupe, les titres  School, Bloody Well Right, Rudy et Crime Of The Century seront souvent joués en fin de concert.

C'est le premier album de la période dite « classique » de SUPERTRAMP (1973-1982 – donc avant le départ du leader Roger Hodgson) et sans doute un des meilleurs ; certains critiques affirment, le meilleur.   Crime of the Century a permis au groupe de percer enfin et d'obtenir une reconnaissance outre atlantique.

Si vous ne voulez écouter qu'un seul album de SUPERTRAMP ne ratez pas celui-là. En effet, après Crime Of The Century le groupe connaîtra une dérive commerciale vers une musique pop accrocheuse aux compositions musicales simples (un peu à la QUEEN).

 

Jaime Prog

 

Site officiel : http://supertramp.com/

 

 Musiciens

Roger Hodgson : chant dans : School, Hide in Your Shell, Dreamer, Rudy, If Everyone Was Listening - guitare, claviers

Rick Davies  : chant dans School, Bloody Well Right, Asylum, Rudy, Crime of the Century - claviers, harmonica

John Helliwell : saxophones, clarinettes

Bob Siebenberg : percussions, batterie,

Dougie Thomson:guitare basse

 

 Titres

Toutes les chansons sont écrites par Rick Davies et Roger Hodgson.

Face A

1- School – 5:36  (Chant principal: Roger Hodgson et Rick Davies)

2- Bloody Well Right – 4:26  (Chant principal: Rick Davies)

3- Hide in Your Shell – 6:52 (Chant principal: Roger Hodgson)

4- Asylum – 6:30 (Chant principal: Rick Davies et Roger Hodgson)

Face B

5- Dreamer – 3:30  (Chant principal: Roger Hodgson et Rick Davies)

6- Rudy – 7:07  (Chant principal: Rick Davies et Roger Hodgson)

7- If Everyone Was Listening – 4:05  (Chant principal: Roger Hodgson)

8- Crime of the Century – 5:20  (Chant principal: Rick Davies)

 

 

J'ai choisi :

School

Bloody Well Right

Hide in Your Shell

Asylum

Rudy

Crime of the Century 

Le titre original actualisé sur vidéo (crise de 2008 et ses suites en Grèce)

School

Bloody Well Right

Hide In Your Shell

Asylum

Rudy

Crime Of The Century

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Tag(s) : #L'apogée

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