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L'album Hamburger Concerto est le cinquième album du groupe de rock progressif hollandais (néerlandais) FOCUS; c'est aussi leur quatrième album studio. Il sort en avril 1974 avec un enregistrement qui s'étale de janvier à mars.

   Les musiciens

Début 1974, le batteur du groupe (depuis 1970) Pierre van der Linden s'en va; il est remplacé par Collin Allen. Ce dernier va contribuer à donner une orientation plus « rock » au groupe.

Bert Ruiter jouera aussi son rôle dans cette nouvelle direction. Mais les deux principaux musiciens, piliers et fondateurs du groupe, Jan Akkerman (guitare électrique) et Thijs van Leer (claviers et flûte), instrumentistes brillants, jouent un rôle essentiel dans l'évolution musicale de FOCUS, empreinte de musiques classique, médiévale, de jazz et de folk dans un genre souvent symphonique.  Jan Akkerman est, de plus, multi-instrumentiste (tous claviers, flûte, accordéon, vibrato,...) ainsi que Bert Ruiter (guitare basse, harpe, triangles, cymbales).

L'humour décalé a toujours été présent dans les compositions de la formation, un humour toujours fin que l'on remarque dans l'album de 1974,  Hamburger Concerto, avec, entre autres, les vibratos et yodel du titre éponyme.

Tous ces talents contribuent à donner au groupe une pointure presque égale aux majors du rock progressif des années 70 (GENESIS, KING CRIMSON, YES, JETHRO TULL,...). En 1974, le groupe,  déjà bien plus expérimenté, soigne particulièrement l'instrumentation et les arrangements. C'est le cas dans l'album Hamburger Concerto.

 

   La musique de l'album

Elle marque une évolution vers un prog plus symphonique avec une moins grande influence du jazz-prog dont les albums précédents étaient empreints (Focus III en 1972 et Live at The Rainbow en 1973). Donc une musique qui s'inspire des musiques baroque et classique. L'album est presque entièrement instrumental mis à part un chant et quelques vibratos et yodel courts. Les titres sont écrits pour moitié par  Thijs van Leer et  Jan Akkerman dont les claviers et la guitare électrique dominent l'instrumentation tout au long de l'album. Synthétiseur et mellotron se remarquent dans les parties symphoniques. L'accent est particulièrement mis sur les mélodies harmonieuses.

 

  Quelques notes sur les titres

 

Delitae Musicae 

Le premier titre est une courte intro à l'album: ballade acoustique avec clavecin, luth (un des ancêtres de la guitare) et flûte. Belle mélodie de style Renaissance. Le titre fait écho au  Delitiae Musicae (musique douce) des madrigaux de Claudio Monteverdi (de fin 16ème à début 17ème siècle): chants magnifiques accompagnés de luth, clavecin et viole. Mais dans le titre de FOCUS il n'y a pas de chants et le motif mélodique, assez proche, est bien plus rapide. C'est néanmoins une très belle intro bien douce.

Harem Scarem : titre instrumental avec une intro très rock au rythme effréné (piano, batterie énergique et claquements de mains) entrecoupée de quelques « yé-yé »  - seules syllabes chantées – dont l'effet comique n'est pas assuré. Puis à 1mn34, une courte pause plus calme avec orgue, guitare électrique, accordéon. La suite n'est qu'une alternance entre partie énergique reprenant l'intro et partie moins spide, plus jazzy. A noter, à 4mn, un bon long solo de guitare électrique sur fond de piano. Final avec thème du début allant crescendo et vocalises très aiguës rappelant  le tube Hocus Pocus, après les yodels, (à 2mn04). Mais la comparaison s'arrête là car, il faut le reconnaître, si Harem Scarem, se voulait une « reprise » d'Hocus Pocus, alors c'est un demi fiasco et c'est, pour moi, le titre le moins réussi de l'album au niveau de la composition musicale, très répétitive, comme au niveau mélodique. L'humour n'est pas non plus au rendez-vous...

La Cathedrale de Strasbourg

Ce titre en hommage de la magnifique cathédrale de Strasbourg – raffinement de l'architecture gothique- est un bijou musical à forme symphonique. Il est construit en quatre parties: une ouverture instrumentale (jusqu'à 2mn10) avec piano – instrument central - et orgue de Sainte-Marie la Vierge ( à Strasbourg ?), une partie centrale chantée puis sifflée (jusqu'à 3mn 05), enfin une suite très jazzy montant crescendo - avec guitare électrique (superbe solo), piano simulant les cloches et  percussions  - qui se termine diminuendo (→ 4mn 15) et un court chant en choeur final (de 30 secondes) qui s'efface en fade out. Magnifique. Les motifs mélodiques, traduisant une ambiance mélancolique et nostalgique, pleine de romantisme, sont de toute beauté.

Birth

Ce long titre de 7mn45 est un morceau instrumental très progressif (variations de rythmes et de mélodies, accélérations et décélérations, solos successifs, mouvements lents et rapides,...)

Courte intro baroque au clavecin de 45 secondes, suivie d'une partie assez  jazz-folk avec batterie puissante, orgue et flûte. A partir de 2mn10, chaque instrument joue sa partition sur le même motif mélodique de fond : beaux solos - de flûte à 2mn 50, de guitare électrique à 3mn35, d'orgue. A relever un joli motif musical folk avec flûte, à 1mn42 et répété à 4mn 30, qui n'a rien à envier aux prouesses de Ian Anderson du fameux JETHRO TULL. A partir de 4mn50, retour à un rythme beaucoup plus lent avec un nouveau solo de flûte, très jazz-folk (de 5mn35 à 6mn 35) suivi d'un autre solo final de guitare électrique. Thijs van Leer et  Jan Akkerman se partagent la vedette de ce titre aux parties bien  agencées.

Hamburger Concerto

Le titre s'inspire de Variations sur un Thème de Haydn de Johannes Brahms. Hamburger Concerto est un jeu de mots sur les Brandenburg Concertos de Bach (les six concertos Brandebourgeois), évidemment dans le plus grand respect du grand compositeur.

Voilà la pièce maîtresse de l'album, tant par sa durée - plus de 20mn, toute la face 2 du vinyle – que par sa qualité symphonique, constituée de six « mouvements » dont les intitulés sont assez comiques :   Starter, Rare, Medium, Well Done (bien fait),...Il s'agit d'un « concerto » de rock progressif symphonique assez réussi, d'inspiration classique, comme le premier titre de l'album, dont la composition est particulièrement bien travaillée. Les six parties ne sont pas séparées par un silence ou une pause, tout se tient. Il faut, peut-être, plusieurs écoutes pour en apprécier toutes les saveurs. Chaque musicien y apporte son savoir faire et exprime son talent au travers de solis.

 

Starter : ( 0 → (5mn 25)

une intro instrumentale avec orgue, orgue d'église, synthé, harpe électrique, cloches, percussions diverses, guitare électrique. Jolis motifs mélodiques.

Rare : (de 5mn 25→ 6mn 20)

chant - effets vocaux tantôt graves et tantôt très aigus, d'un grand effet comique – vibratos et yodels.

Medium I : (de 6mn 20 → 9mn 30)

belle partie instrumentale sur une musique très proche du flamenco. Entre deux reprises du motif mélodique de Starter (que l'on retrouve tout au long de la pièce) , beau solo d'orgue (à 6mn 40) avec castagnettes, puis superbe solo de flûte à 8mn 05.

Medium II : suite instrumentale avec jolis solos de guitare électrique (de 9mn 30→ 15mn 33)

sur une belle variation mélodique dans un genre très jazz-prog – avec un bon rythme de batterie, fond de nappes d'orgue, claquements de mains et percussions variées.

Well Done : chant (de 15mn 33→ 16mn 52) dont les paroles sont extraites d'une pièce en forme de jeu du 17ème siècle, Gijsbrecht van Aemstel, écrite par le dramaturge néerlandais  Joost van den Vondel. Voilà pour la source...

One for the Road : (16mn 52 → fin )

il s'agit d'un instrumental à l'ambiance inquiétante : nappes d'orgue graves, basses puissantes, piano très rapide, choeurs montant crescendo. A 17mn40 reprise du joli motif mélodique de Sylvia de l'album Focus III, toujours en tension montante. A noter : beaux solos de piano, de mellotron, d'orgue, de guitare électrique. Cette partie me rappelle un peu la virtuosité symphonique de PROCOL HARUM dans l'album Grand Hôtel (1973). A 20mn, final somptueux avec guitare électrique, choeurs, cloches et nappe d'orgue.

 

  Bilan de l'album

Plus de trente ans après, cet album se laisse écouter avec plaisir, le son n'a pas vraiment vieilli.  Mis à part Harem Scarem, tous les autres titres sont d'un haut niveau de composition et d'orchestration.

Certains critiques considèrent Hamburger Concerto comme le meilleur album du groupe FOCUS et le point culminant de sa carrière. C'est en tout cas une oeuvre essentielle dans le rock progressif des années 70.

Cet album a atteint la vingtième place dans les charts britanniques et ce succès apportera au groupe une notoriété internationale. La sortie du CD en 1998 rajoute un titre en bonus, Early Birth de Jan Akkerman, version courte de Birth.

 

Jaime Prog

 

Site du groupe : http://www.focustheband.com/index2.htm​

 

  Musiciens

- Thijs van Leer : orgue, flûte, alto-flûte, piano, clavecin, synthétiseur arp, enregistreur mellotron, vibraphone, accordéon, l'orgue de Sainte-Marie la Vierge – Barnes, voix, claquements de mains

- Jan Akkerman : guitares électriques, luth, timbales

- Bert Ruiter : guitare basse, harpe automatique, triangles, cymbales chinoises, claquements de mains, les cloches suisses

- Colin Allen : batterie, tambour conga, tambourin, castagnettes, gong chinois, timbales, des claquements de mains

 

  Titres

Face 1

1- Delitae Musicae (Jan Akkerman) - 1:13

2- Harem Scarem (Thijs van Leer) - 5:50

3- La Cathedrale de Strasbourg (Thijs van Leer) - 5:00

4- Birth (Jan Akkerman) – 7:45

 

Face 2

5- Hamburger Concerto - 20:18

     a- Starter  (Thijs van Leer)

     b- Rare  (Jan Akkerman)

     c- Medium I  (Thijs van Leer)

     d- Medium II  (Jan Akkerman)

     e- Well Done  (Thijs van Leer)

     f- One for the Road  (Jan Akkerman)

 

J'ai choisi :

Delitae Musicae

La Cathedrale de Strasbourg

Birth

Hamburger Concerto

recto album vinyle

recto album vinyle

intérieur album

intérieur album

le groupe FOCUS en 1974

le groupe FOCUS en 1974

logo FOCUS

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Tag(s) : #L'apogée

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